Chez les Waoranis

Comme prévu, Michel dès son réveil, va à la petite agence à côté du parking où Pépère a passé 3 nuits. Nous étions bien ici, juste en face de nous, la base navale assurait notre protection. Doreen était ravie de regarder les relèves de gardes et les exercices au travers de la fenêtre.

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Voilà donc Michel en quête d’assistance pour aller voir la tribu des Waoranis dans la jungle. La fille a un moment d’hésitation car comme l’autre nous l’avait dit, c’est dangereux ;

Ah non ! Elle ne va dire non aussi, c’est notre dernière chance…  Enfin celle de Michel car Doreen un peu inquiète ne trouve pas que ce soit une chance de tenter cette aventure.

La fille téléphone a un guide à tout hasard. Il est spécialisé dans les expéditions en forêt amazonienne. Il arrive un peu plus tard à l’agence. Il s’appelle José et nous informe qu’Otobo est dans la ville.

C’est qui Otobo ?

C’est le seul guide waorani capable de nous emmener et il est là aujourd’hui. Ca sent bon…

Peu après lui avoir téléphoné, il arrive à l’agence et nous nous accordons sur le prix rapidement.

Rendez-vous est pris pour demain matin 90 km plus loin à la fin des routes avant la forêt.

Avant de partir, nous discutons avec un grand Allemand fou.

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Marcus s’apprête à descendre le fleuve jusqu’à Manaos au Brésil (2mois à ramer) José s’occupe des formalités avec la marine mais, bien qu’il ait toutes les autorisations, cette dernière lui refuse le droit de partir.

Après des heures de palabres, José l’emmène à deux heures de voiture, avec le canoë sur le toit. après les derniers contrôles sur le fleuve, normalement, il pourra démarrer son projet fou.

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Une bise de Doreen pour l’encourager et nous voilà partis pour notre aventure à nous.

La route est belle, il faut dire qu’elle est faite pour les pétroliers, ici, tout est fait pour leur faciliter la tâche. Sauf que, les indiens de la forêt sentent leur espace diminuer. C’est pour cette raison que des tensions importantes existent ici.

Dans cette forêt peuplée de guerriers, tout peut arriver soit entre les waoranis et les « blancs » soit entre les waoranis et les isolés complètement incontrôlables. Les isolés sont les dernières tribus n’ayant aucun contact avec la civilisation. Ce sont des nomades qui ne connaissent aucunes frontières et font usage de leur sarbacane avec flèche au curare au premier contact d’une autre tribu.

Nous arrivons en fin de soirée au poste de garde de la réserve. Nous sommes autorisés à laisser pépère à côté d’eux. Ils nous garantissent la sécurité pendant notre absence.

Nous descendons à quelques pas, voir la rivière Shiripuno que nous remonterons demain. Entre les arbres, elle est vraiment étroite, rien à voir avec le Napo que nous avons navigué avant-hier.

Cette nuit, Michel rêve d’aventures et Doreen d’horribles serpent, araignées et autre animaux terrifiants.

Au petit matin, enfin 8h, nos deux guides arrivent en taxi chargés du nécessaire pour notre séjour.

Michel voit une femme qui attend toute seule.

-Bonjour !  Michel essaie toujours en français.

-Bonjour !

Bon ben au moins on parle la même langue. Elle s’appelle laure, voyage seule et c’est l’invitée de dernière minute. Elle dit avoir eu de la chance, car sans cette petite expédition, elle n’aurait pas pu trouver un moyen de venir dans cette jungle voir une tribu. Et là, Doreen se sent tout d’un coup soulagée d’avoir une autre femme avec elle.

Tous nos papiers sont en règle, les gardes nous laissent partir.

La pirogue dans la jungle, c’est toujours un grand plaisir.

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Otobo a pris la barre sur cette rivière extrêmement piégeuse.

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2h et demie plus tard, nous arrivons à notre famille de destination.

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Le chef qui nous a entendus, nous accueille depuis le haut. Vision incroyable…

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Il crie de loin à Otobo qu’ils ont tué une biche ce matin. Bien sûr c’est un évènement important.

Michel est enfin content, il l’a son village authentique

 

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Ce chef, dans la communauté waorani,  semble important, le voilà il y a quelques années avec d’autres chefs. C’est celui au centre,

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depuis il fait des efforts et porte un slip…

Assez rapidement, Doreen sort une pommade et, avec l’aide de José, lui en passe sur le pied .

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il est pas beau son pied, et pour cause, le mois dernier il s’est fait mordre par un serpent et a été obligé d’aller à l’hôpital. Il y est resté 3 semaines le pauvre homme.

Mais il continue de marcher pieds nus dans la forêt.

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La jungle, c’est dure, nous n’avons pas su comment, mais il a également perdu un œil

Mais, quel homme, il a 78 ans et des muscles encore bien gonflés..

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78 ans ? Michel se souvient qu’il y a un peu plus de 50 ans, il rêvait avec son père devant « le magazine des explorateurs » en noir et blanc à la télévision.

A l’époque, les waoranis n’étaient pas encore en contact avec la civilisation et peut être que notre chef, alors jeune homme de la forêt, était sur des images diffusées.

Assez rêvé, ils ont tué une biche, maintenant, il faut s’en occuper. Tout le monde va sous la hutte autour du feu pour la transformer en source de vie pour eux.

Le chef supervise

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Les enfants observent

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Et chacun son travail, surtout les femmes, comme partout.

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Le chef regarde avec son dernier descendant sur les genoux.

Tout le monde est là, les chiens, le cochon mascotte et le petit singe araignée adopté après qu’ils aient tué sa mère à la chasse.

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La découpe et le lavage de la bête terminée, le chef surveille même la cuisson…

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Même si les nouvelles générations ont adopté nos vêtements, ils restent très nature.

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A les voir, c’est que du bonheur.

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Nous passons un bon moment avec toute la famille pour faire connaissance

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Bon, et nous, on habite où ?

Ah, voilà notre maison

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José nous a amené le minimum, mais pas de matelas et Laure n’a même pas de tente, juste une moustiquaire. Elle est prête à accepter beaucoup de choses, mais pas çà. Par terre avec juste sa moustiquaire ? et si dans la nuit, un serpent se glissait dans son lit !!!  José devra trouver une solution.

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Après notre premier repas confectionné par José, une petite sieste

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nous laissons la communauté à ses occupations

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Et nous partons faire une marche en forêt accompagnés de nos deux guides et de Laure assez réaliste dans sa tenue d’exploratrice.

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Otobo est devant, il marche fort le bougre…

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Il nous montre quelques plantes, empreintes au sol. Peut-être verrons-nous des animaux.

José nous arrête pour une araignée venimeuse, nous observons l’insecte et tout d’un coup, le visage de José se transforme, il interpelle Otobo avec un visage terrifié.

Que se passe-t-il ?

Nous avons du mal à comprendre leurs échanges. Laure qui parle espagnol comprend qu’ils parlent d’un homme nu.

Un homme nu qui s’enfuit, tout de suite ils pensent à un « isolé » et nous font faire demi-tour en courant.

Tout le long, Otobo pousse des cris de bête sauvage d’une puissance incroyable et frappe des grands coups sur les arbres avec sa machette.

Mais, José court devant sans trop se préoccuper de nous, drôle de guide …

Michel a du mal à croire à cette mésaventure, mais, en arrivant au village, les jeunes partent, armés, à la chasse à l’homme.

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Ils reviennent un peu plus tard et n’ont rien vu.

La situation est assez irréelle pour nous.

En tout cas, la balade est terminée.

-Dit, José, qu’est ce qu’on fait ?

-On prend la pirogue pour aller à la pêche aux piranhas.

Otobo nous fait passer dans des coins où il vaut mieux oublier les serpents.

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Et ça l’amuse…

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Tout ça pour rien, car les piranhas mangent nos appâts mais pas l’hameçon.

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Alors, il nous amène sur une plage, c’est pas mieux

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Plus une autre où pour consoler Doreen désespérée,  il lui fait remonter un poisson qu’il a pris.

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Bien bredouilles, nous attendons la nuit pour rentrer.

Nuit noire, la chasse aux caïmans peut commencer. Otobo à la barre et josé à la lampe chacun scrute le noir pour voir les deux points rouges, synonymes de caïman.

Après 3 échecs, en voilà un à portée

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José l’attrape un d’un geste vif.

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Il est pas mimi le petit monstre ?

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En tout cas, nous sommes ravis.

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Pendant ce temps, Otobo avait continué sa route dans le noir complet, en plus aveuglé par nos lampes. Comment il s’est repéré ?, Comment a-t-il évité tous les arbres dans la rivière ? Il a du travailler avec les esprits de la forêt dont il nous parle souvent.

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Retour au village, spaghettis au thon dans un confort jugé suffisant par José …

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Pas très convaincu des qualités d’organisateur de José, Michel propose que demain matin, nous discutions avec la famille pour mieux connaitre leur vie. José semble un peu soulagé de ne pas avoir à nous trouver une activité à tout prix.

Finalement, il a trouvé une vielle tente pour Laure. Ils la monte avec des bouts de bois, mais Laure est rassurée.

Oui, mais pour dormir, il faut oublier la présence de « l’isolé ». Il semble qu’ils n’en soient pas à attaquer les villages et Otobo va dormir paisiblement dans la hutte cuisine. Seul José est un peu inquiet.

Finalement aucun incident n’a été noté cette nuit, José s’est réveillé plusieurs fois inquiet, mais pas plus.

Nous, on a bien « mal » dormi à même le sol.

Et dès 6h du matin dans la hutte de réunion juste à côté de nous, ces deux jeunes en grande discussion ne s’occupent pas de notre sommeil

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Mais, le réveil dans ce village n’est quand même pas banal, les enfants bien dans leurs éléments

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Les animaux s’amusent déjà

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Là-bas, c’est la salle de bain,

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Pour y accéder et surtout en revenir, il faut marcher dans 30 cm de boue, alors pour nous, ce sera lingettes, mais ces gamins en tenue traditionnelle, y vont avec plaisir.

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Pour les toilettes dans la nature, les filles se sont armées de machettes au cas ou…

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A propos des filles, elles ont bien aimé Otobo, un vrai homme comme disait Laure, rassurant, c’est sûr.

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Tout le monde est prêt maintenant dans la hutte de réunions. Laure lance le débat, nous passons plus d’une heure à parler de tous les sujets, famille, vie quotidienne et même politique. A cette occasion, nous comprenons à quel point, otobo est motivé pour défendre ce mode de vie. Ils ont tous une grande crainte des compagnies pétrolières qui chaque année empiètent un peu plus sur leur territoire, avec la complicité de l’état.

Pendant ce temps, chacun donne un peu d’amour à son animal de compagnie.

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Et comme toujours, on laisse les enfants découvrir seuls les choses même dangereuses.

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Finalement, Ils communiquent,  un téléphone, à la sonnerie d’autrefois, dans un panier et une radio pour joindre les autres communautés de la forêt et les secours.

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Pour tout ça, il faut de l’électricité, eh bien, un petit groupe et les panneaux solaires font très bien l’affaire.

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Pour la chasse, ils ont bien un très vieux fusil, mais l’ancestrale sarbacane a toujours sa place.

Otobo prend celle du chef et nous montre son usage

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et à notre tour, nous essayons, c’est vraiment un truc de dingue. Le poids en porte à faux est énorme mais quelle précision.

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Une flèche sans poison ne sert à rien alors Michel demande à comprendre la fabrication du curare.

Demande largement exécutée car nous avons été dans la forêt chercher une liane,

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et Otobo a fait carrément devant nous tout le processus jusqu’au fameux liquide qui, une fois réduit sur le feux devient le mortel curare.

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Maintenant, nous reste à visiter la maison, bien sûr, très rudimentaire, mais ils n’en demandent pas plus.

Le séjour,

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Une chambre commune,

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La cuisinière qui ne sert pas souvent, le feu dans la hutte cuisine est plus pratique.

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Et toujours, des animaux de compagnie

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Nous avons trouvé très étonnant leur attachement à certains de leurs animaux, car les chiens, pour survivre ne peuvent compter que sur eux et les plus petits sont d’une maigreur vraiment dérangeante.

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Maintenant, le courant passe bien, Michel a déjà adopté les enfants,

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Doreen aussi,

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Avant de quitter, à regret, cette famille, nous prenons la pirogue pour une dernière marche dans la forêt.

-Il ne va pas nous faire démarrer là !!!

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eh bien si,

avant de marcher il faut escalader la berge boueuse

Nous nous enfonçons dans la jungle sur ce qu’Otobo juge être une piste, pas nous… Doreen n’est pas rassurée.

Mais là, quand il veut nous faire traverser ce petit cour d’eau sur un tronc pourri, elle se bloque et refuse carrément.

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Franchement depuis notre arrivée, alors qu’elle faisait franchement la gueule avant de venir, elle se fait plaisir et profite de tout avec grand bonheur alors, on ne va pas pour un petit cour d’eau à traverser lui casser ses bons souvenirs.

Demi-tour, retour à la pirogue et Otobo nous choisit un autre endroit.

L’arrivée n’est pas mieux, mais au moins, il y a un semblant de piste.

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Encore une fois, pas de chance, alors que nous arrivons vers une lagune où nous aurions pu voir un gros anaconda, le ciel de l’Amazonie se déchaine. Malgré nos équipements, l’eau traverse tout, nous faisons demi-tour.

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Arrivé à la pirogue, Doreen préfère écoper.

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Retour au village où, 3 jeunes français sont arrivés avec la pirogue sanitaire des toubibs qui passent une fois par moi.

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Elle, c’est le docteur.

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Ces trois jeunes se sont aventurés bien plus loin dans la forêt, « invités » par le chef des militants waorani. Mais, alors qu’ils étaient partis pour deux semaines, une panne d’essence du piroguier les a contraints d’attendre une autre pirogue pour rentrer, 10 jours de plus.

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Résultats, ils ont crevé de faim et attendu avec impatience l’arrivée d’une autre pirogue pour aller  à Coca et MANGER…

C’est fini, Doreen offre une cigarette au chef qui nous regarde ranger nos affaires.

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Au revoir (sait ne on jamais) à tout ce petit monde

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Et nous repartons par le fleuve avec les jeunes que nous avons pris en stop.

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Nous arrivons au port,

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Pépère nous attend même avec un frigo qui marche, super.

Quels moments extraordinaires nous avons passé avec ces gens, mais, heureusement que Laure s’est invitée pour l’aventure car Doreen n’étant plus la seule femme elle a pu ainsi apprécier chaque instant.

Heureusement aussi pour Michel qui lui, avait « un peu beaucoup » forcé la main.

En tout cas, pour les trois, c’était à l’unanimité une rencontre d’un autre temps qui laissera un souvenir émouvant.

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