Pépère chez les esquimaux

Michel Vacle Amerique du nord, Canada Laisser un commentaire

A peine rentrés du nord de l’Alaska, nous retrouvons Guy et Marie Jo à Fairbanks.

Comme nous n’avons pas pu toucher la mer Arctique à Prudhoe bay , nous maintenons notre plan de départ. Aller avec les deux voitures à Tuktoyktuk cette fois ci, au Nord du canada.

Avant de quitter Fairbanks, passons par le musée de l’université

Nous y trouvons quelques restes d’animaux préhistoriques, protégés pendant des millénaires par

Le sol gelé qu’est le permafrost.

mammouth

bœuf de 36 000 ans presque intact

Nous y trouvons également, quelques vêtements esquimaux

Le matériel du parfait esquimau

Et cet ancêtre du K-way en vessie de phoque

Puis, nous prenons la route du Canada et, surprise, sur la route, l’immense Denali manqué lors de notre visite apparait au loin.

Ouf…, Guy est passé bien prêt d’un fait divers bien connu ici : percuter un moose avec souvent des morts à la clé.

Cette photo est désespérante, pourquoi ne veut-elle pas représenter la réalité que nos yeux on vu…

Par contre, à la télé, nous entendons souvent parler des feux de forêt au Canada, eh bien, c’est une réalité encore supérieure que nous découvrons.

On nous avait dit de faire une halte à Chiken, alors, on s’arrête…

Rien de très intéressant, ils ont un beau podium pour la musique

Même cette drague qui a écumé toutes les rivières à la recherche d’or a été amenée d’ailleurs, avec ses rangées de godets.

Ha si !!! Guy et Michel, ont adoré cette base pour faire un nouveau véhicule de voyage.

Michel s’imagine déjà au volant…

Finalement, Michel et Guy, profitent de notre dernier bivouac en Alaska pour faire un travail plus convenable sur le rétroviseur de fortune de Pépère.

Nous arrivons bientôt à la frontière, quelques caribous sont là pour nous dire au revoir.

Et après une nuit à Dawson, nous prenons cette fois la « Dempster highway » en direction de Tuktoyaktuk. Bon, ok, maintenant, on dira Tuk comme les gens d’ici.

Nous sommes à nouveau partis pour 900 Km dont 750 de piste. Heureusement, elle est moins dure que la Dalton de la semaine dernière et à deux voitures, la crainte de la panne est moins grande, surtout que cette fois, il y a plus de monde.

Mais parfois elle se corse pendant quelques kilomètres

Encore une fois, ça fait un peu Mongolie, mais avec de vraies pistes.

souvent fleuries de belle manière

C’est joli

Michel avait vu sur Facebook, qu’un couple de français avait fait la route il y a 3 jours, nous pensions les croiser, eh bien c’est fait.  Voilà Julien avec son land et sa famille.

Guy et Marie JO sont ravis de trouver de nouveaux adeptes de l’Azalai.

Une sympathique petite famille partie pour un an (voire plus) en voyage avec leurs deux enfants. Nous entamons immédiatement une discussion à bâtons rompus sur… le voyage bien sûr.

Nous avons espoir de les revoir sur la route.

Bon, on n’est pas d’ici, il faut repartir. Pas très loin en fait car nous passons à nouveau le cercle polaire et par respect pour lui, nous nous acquittons de la photo souvenir.

La nuit sera tranquille 1 kilomètre plus loin. Et c’est reparti le lendemain pour l’assaut final de cette « Dempster highway »

Ce deuxième jour, nous devrons emprunter 2 bacs.

l’hiver ce sont les moto neige, mais là, la glace a fondu…

130 kilomètres avant Tuk, nous arrivons à Inuvik. Il y a seulement 8mois, la piste s’arrêtait là. Pour continuer, il fallait utiliser de petits avions où, l’hivers la « Ice road » route de glace, utilisable de fin décembre à fin mars, parfois encore en avril.

Nous ferons un arrêt à Inuvik au retour et partons sur la nouvelle piste pour les derniers 130 km.

Avec la fatigue accumulée de ces derniers jours, nous la trouvons éprouvante.

Elle se termine entre d’immenses zones marécageuses bien visibles sur le GPS

Et par les fenêtres.

Et finalement, nous y voilà… Nous sommes chez les esquimaux au bout de la route du nord,

au bord de la mer Arctique.

Trop fatigués, nous ne visitons pas ce soir, surtout que d’après de savants calculs de Guy, le soleil de minuit sera en fait à 3h du matin. Nos amis veillent, nous allons dormir avec le réveil à 3h-10.

Et voila le résultat, il est minuit au soleil, 3h du matin pour nous.

Le soleil est au plus bas mais n’ira pas se coucher, immédiatement après nous avoir faire croire à son coucher, il repart vers le haut… Ce sera bientôt terminé car le cycle inverse se met en route maintenant pour que cet hiver, il ne fasse jamais jour… Drôle de vie quand même.

Nous rentrons dans Pépère avec cette image dans la salle de bain.

Le lendemain, après une grasse matinée bien méritée, nous parton « en ville » et commençons par le « tourist center », bien à l’échelle du village.

A l’intérieur une charmante esquimaude

plus précisément une… non, de peur de mal retranscrire le nom de sa tribu et de celle de sa mère (la première sur le papier) nous préférons mettre la photo de ce qu’elle nous a écrit.

Nous lui posons quelques questions.

-quelle température fait-il l’hiver ?

-entre -25 et -50 quand il y a du vent

-vous préférez quelle saison ?

-l’hivers ! (et franchement lorsqu’elle dit ça, son regard brille)

-Et même l’océan est gelé ?

– oui de décembre à avril, on peut rouler sur les routes de glace et faire de la motoneige.

Entre temps, ces motoneiges sont « rangées » dehors à tous les temps

Ce bateau exposé ici était un des ravitailleurs début 1900

ils ont dans ce village de quelques centaines d’âmes, 3 églises…

Un peu plus loin, les pêcheurs se préparent

A voir les employés municipaux, on a l’impression qu’ils s’amusent bien avec leur petit jouet.

Nous ne manquons pas une occasion pour demander à ces gens, très accueillants, tout ce qu’ils peuvent nous apprendre sur leur mode de vie et traditions.

Alors que nous passons devant chez elle, Heveanly nous invite à monter . Sa réaction est étonnante, elle veut tout nous dire et nous montrer.

Dans ce pays isolé du monde 5 mois par an, nous comprenons vite que les provisions pour l’hiver sont une occupation de chaque jour. Elle nous ouvre tour à tour ses 3 congélateurs. Elle est fière de tout ce qu’ils ont déjà amassé. Poissons et quelques volatiles chassés par le mari.

Ça, c’est aussi sa fierté.

Les gants de son mari qu’elle a elle-même confectionnés avec la peau d’un ours qu’il a abattu. Elle fait aussi des bottes, mais pour le reste, elle nous confirme que l’hiver, ils n’utilisent maintenant que du synthétique.

Elle nous montre également, sa « pâte à tartiner », un gros pot de graisse de baleine.

Quand Doreen lui dit « ah oui, vous la tartinez sur du pain », elle a bien ri. Evidemment, ils ne mangent pas de pain. Ils trempent les morceaux de poisson ou viande directement dans le pot… Bon, on ne goûtera pas…

En effet, le village tue une baleine par an et les habitants se partagent l’animal en fonction des besoins de chacun.

Alors là, coté fierté, on n’avait encore rien vu. Elle nous amène dans une autre pièce voir la photo de son fils avec l’ours blanc qu’il vient de tuer.

Michel très proche des animaux a un premier réflexe (intérieur) de révolte, mais, une demande avait été faite pour que cet ours soit trouvé, dans l’immensité de la banquise, et tué afin d’abréger ses souffrances. On voit sur la photo qu’un collier trop petit avait été mis autour de son cou par des scientifiques. Il étranglait le pauvre ours depuis qu’il avait grossi.

Le fils a donc été félicité officiellement. Il faut savoir que les Esquimaux, ont encore le droit de chasser la baleine et l’ours blanc mais, comme ils ne chassent que pour eux et qu’ils sont très peu nombreux, le mal ne doit pas être très grand.

A peine le temps de quitter Heveanly que nous tombons sur un petit groupe de femmes en plein travail.

Les hommes ont tué un Béluga (petite baleine blanche) et les femmes le découpent pour récupérer le bon gras sous la peau.

Elles en feront beaucoup de seaux.

Parait-il que ceci est la viande, mais nous n’avons pas vu la différence avec le gras.

De toute façon, eux ils s’en foutent, il leur faut du gras pour affronter l’hiver.

Après une dernière discussion entre femmes,

La doyenne s’occupe de la cuisson.

Encore une fois, on ne s’invitera pas au repas…

Nous laissons ce petit monde à leurs occupations pour continuer notre visite du village.

Non, Doreen, tu ne peux pas emmener ce souvenir, il ne rentre pas dans Pépère.

Cette construction de bois et de boue, est en quelque sorte l’igloo d’été avant les maisons en bois. Fermé à clé, nous ne verrons pas l’intérieur.

Cette formidable journée terminée, nous allons nous coucher pour notre seconde nuit chez les Esquimaux au bord de l’océan « Arctic »

à…

La pays des Pingos ( monticules de terre occasionnés par la remontée de gros blocs de glace)

Le lendemain, nous repartons avec Guy et Marie Jo pour les deux jours de retour. Tout se passe bien au niveau mécanique, sauf pour notre parebrise qui reçois encore une pierre. 3e  impact depuis notre aventure Américaine.

Une agréable rencontre ponctue ces 5 jours… un magnifique orignal en plein repas.

Voyons la décomposition de ce repas.

D’abord, il prend une bonne respiration

Ensuite, il fouille le fond du lac pour brouter des herbes aquatiques

Et enfin, il sort la tête de l’eau dans un geste grandiose

Voila, un dernier regard à cette merveilleuse nature du Nord-Ouest Canadien et nous arriverons à Dawson

Cette rencontre avec les Esquimaux a été un vrai bonheur, mais également un privilège car cette route, ouverte seulement depuis novembre, annonce le début de la fin de ce monde.

Bientôt, dans 1 ou 2 ans, 3 peut être, le voyageur trouvera ce que nous n’avons pas vu : hôtels, camping officiel, magasins de souvenir, bar avec musique, restaurant etc…  et ce ne sera plus pareil.

Mais, peut être résisteront-ils?

Nous avons également pu constater les terribles effets du réchauffement climatique d’encore plus près et, ça fait froid dans le dos, si l’on ose dire depuis cette latitude.

Encore un truc, en arrivant à Dawson, nous constatons que notre plancher sent le moisi. Mauvaise pioche, la pompe à eau domestique de la cellule n’a pas résisté aux vibration des derniers 3000 km de piste. Elle a une fuite et cela depuis un moment. Allez Michel au boulot.

On vide le coffre et grâce à Guy qui en a une de rechange, c’est réparé en 2 heures.

Le tour du monde n’est décidément pas la descente d’un long fleuve tranquille.